Construction de l'ouvrage

Couverture de l'ouvrage des éditions Silva, Wilde Wasser - Starke Mauer. Textes de Max Mumenthaler et dessins de Georg Peter Luck

La phase de la construction du barrage est généralement la plus documentée et les reportages photographiques ou audiovisuels sont nombreux à ce propos. Les médias de l’époque soulèvent souvent et volontiers les défis que représente l’édification de constructions complexes dans des lieux difficilement accessibles et exposés à un climat rude. La construction des barrages est un succès national, malgré quelques revers, avalanches, glissements de terrain, accidents, morts.

La mise en place d’une centrale hydroélectrique et d'un bassin de retenue nécessite en soi et pour soi la construction d’infrastructures telles que routes, téléfériques, funiculaires, lignes électriques, tunnels, galeries de dérivation, ponts, cimenteries et postes de chargement. Toutes ces infrastructures nécessaires à la construction de l’ouvrage ont aujourd’hui souvent changé d’usage. Des routes d’accès, funiculaires ou trains sont fréquemment utilisées pour le tourisme.

Dès que les travaux sont adjugés, c’est au tour des ingénieurs, cadres, ouvriers des entreprises, fournisseurs d’intervenir. Le barrage doit être construit dans les délais, aux prix convenus et d’une qualité irréprochable. Cela demande un grand talent d’organisateur, des centaines voire des milliers d’ouvriers sont mobilisés. Il faut gérer d’énormes volumes de matériaux et un grand nombre de machines. Dans le cas des grands chantiers hydro-électriques, cela implique la construction de plusieurs retenues, adductions d’eau, stations de pompage, puits et centrales à accumulation reliées par des kilomètres de galeries. Il s’agit aussi de traiter le sous-sol pour assurer la résistance du barrage par des forages ou des injections de ciment. Divers ouvrages annexes sont aménagés tels qu’évacuateur de crues, vidange de fond, prise d’eau (http://www.swissdams.ch).

Sihlsee : travaux préparatoires. Construction du pont à Euthal, 1936. © Klosterarchiv Einsiedeln

Baustelle Göscheneralp, 1955. © Martin Steiner, Alte Göscheneralp 2008.

Chantier du Wägitalersee, 1922. Source : www.waegitalersee.info

Illustrations de la construction du barrage de Zervreila. Wilde Wasser - Starke Mauer, ouvrage des éditions Silva. Texte de Max Mumenthaler et dessins de Georg Peter Luck

Film

Un metro lungo 5. Costruzione della diga di Val di Lei, Ermanno Olmi, 1961, 23 min. Un film mélangeant documentaire et fiction du célèbre cinéaste italien de la «Nouvelle Vague à l’italienne».

La nature dominée

Les images de ces constructions titanesques témoignent de l’entrée de la Suisse dans la modernité et l’ère des progrès techniques. Les barrages sont de véritables sculptures monumentales et des prouesses architecturales qu’on glorifie.

Cleuson (VS). Photographe: Ernst Brunner. © Schweizerische Gesellschaft für Volkskunde - Société suisse des traditions populaires

Barrage de Contra (TI), 1961. © Verzasca SA (Terragni 2010, p.65).

Baustelle Göscheneralp, 1955. © Martin Steiner, Alte Göscheneralp 2008.

Baustelle Göscheneralp, 1955. © Martin Steiner, Alte Göscheneralp 2008.

Construction du barrage d'Emosson, 1969-1973. © Treize Etoiles, Médiathèque Valais – Martigny (081phC03a02-033)

Grimsel. Photographe: Ernst Brunner. © Schweizerische Gesellschaft für Volkskunde - Société suisse des traditions populaires

Chantier du barrage du Lago di Lei. © Zur Verfügung gestellt von KHR (Kraftwerke Hinterrhein AG)

André Guex, Barrages (1956) «

L’inquiétante beauté des chantiers de haute montagne n’apparaît pas au premier coup d’œil. À qui pénètre pour la première fois dans ce monde hostile où des milliers d’hommes mènent leur existence, le barrage apparaît comme un défi. C’est ici en effet le règne même de la destruction. On y voit à l’œuvre toutes les forces qui tendent à ruiner, à éroder, à renverser ce que l’homme a fait. La glace, la neige, l’eau, la pierre, le froid et le vent sont les maîtres de ces lieux. C’est contre eux qu’il s’agit de construire un ouvrage dont le caractère le plus important doit être de servir les hommes. (p.61) »

Reportage audiovisuel

«En 1973, une équipe de Temps Présent [Télévision suisse romande] réalise un reportage sur les travaux de construction du barrage d'Emosson, un complexe hydroélectrique franco-suisse composé des centrales de Châtelard-Vallorcine et de la Bâtiaz. C'est également l'occasion de se pencher sur les conditions de travail et de la vie des ouvriers saisonniers italiens travaillant sur le chantier.»

L Reportage de la RTS au barrage d’Emosson (VS), Temps Présent, 9.9.1973, 28 min
André Guex, Barrages (1956) «

Partout, sur cet immense et dangereux chantier qu’est devenue la montagne valaisanne – et italienne, et française – les hommes qui souvent se plaignent de leur sort, et ils ont parfois des raisons de se plaindre, et qui croient être venus là uniquement pour gagner plus d’argent qu’ailleurs, ou parce que la société les rejetait, se sont laissés envoûter par l’œuvre puissante qu’ils servent comme un dieu inquiétant, hostile souvent, mais qui leur donne une raison d’être. À tous les étages, les meilleurs des ingénieurs, des techniciens, des chefs d’équipe, des mineurs, des manœuvres mêmes (…) trouvent leur justification dans ce mythe moderne qui peut s’exprimer par la formule : « Sans moi, Elle ne pourrait pas travailler, sans moi, le barrage ne s’achèverait pas. (p.27) »

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